LES ENJEUX
LES ENJEUX INTERNATIONAUX
Plaidoyer international : Quels enjeux pour l'Afrique?
En 10 ans, le Réseau Afrique 2000 est parvenu à prouver que l’accès aux traitements était possible dans des pays très pauvres. Les associations qui le composent ont réussi à mettre en place des centres associatifs locaux de prise en charge qui apportent un vrai soulagement à plusieurs milliers de personnes touchées par le VIH/sida.
Mais l’Afrique sub-saharienne est toujours en état d’urgence. Avec 24,7 millions de personnes séropositives en 2006, elle compte près des deux tiers de l’ensemble des personnes infectées par le VIH/sida dans le monde. Elle compte aussi les trois quarts des décès dus au VIH/sida dans le monde en 2006.
La mobilisation de la communauté internationale pour la lutte contre le VIH/sida s’est traduite, depuis plusieurs années, par divers engagements internationaux et par la levée de fonds importants pour l’Afrique, en particulier via le Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Ces financements bouleversent la répartition des rôles entre les acteurs institutionnels et associatifs de la lutte contre le VIH/sida.
Dans ce contexte, le passage à l’échelle durable n’est pas envisageable sans une société civile mobilisée, vigilante au respect des engagements pris, scrupuleuse dans l’utilisation optimale des ressources, responsable - aux côtés des gouvernements – du bien-être de la population.
Les associations du Réseau Afrique 2000 ont mis en place un plaidoyer commun visant à favoriser l’émergence d’une voix de la société civile du Sud dans la lutte mondiale contre le VIH/sida, notamment en portant les revendications suivantes :
· l’accès universel à des soins de qualité gratuits ;
· une meilleure représentation de la société civile au Fonds mondial ;
· l’accès universel à la prévention et à la réduction des risques ;
· l’accès au dépistage volontaire et gratuit sur tout le territoire ;
· la production et la commercialisation des médicaments génériques ;
· le renforcement des structures de santé et des ressources humaines ;
· le respect des droits humains et la lutte contre toutes les formes de discriminations.
LES ENJEUX COMMUNAUTAIRES
Les associations du Réseau Afrique 2000 sont entrées dans une dynamique de changement d’échelle dans la prise en charge globale des personnes vivant avec le VIH/sida.
Elles ont déjà démontré que l’implication des acteurs communautaires, reconnus pour leurs savoirs spécifiques, était indispensable dans cette dynamique.
Si le changement d’échelle est un objectif partagé par les acteurs de la lutte (institutionnels, bailleurs, sociétés civiles du Nord et du Sud), quelle est aujourd’hui la place des acteurs communautaires dans l’accès universel aux soins de qualité ?
De nets progrès…
Ces dernières années, les associations du Réseau Afrique 2000 ont fait face à une réelle montée en charge de l’activité. Les financements sont beaucoup plus conséquents et diversifiés qu’au début des années 2000. Bon nombre d’associations bénéficient aujourd’hui des subventions du Fonds mondial, dont certaines sont même récipiendaires secondaires (et pourraient devenir récipiendaires principales dans un avenir proche).
En conséquence, on observe une forte accélération du nombre de personnes mises sous traitements : on parle dorénavant en centaines pour la majorité des associations.
Cette montée en puissance de l’activité associative les a aussi conduit à se professionnaliser (accroissement des forces vives salariées, recrutement de compétences externes…).
En outre, les associations ont maintenant l’assise suffisante pour passer à une décentralisation géographique. La plupart d’entre elles ont déjà amorcé le processus (avec des antennes tout à fait opérationnelles pour certaines), ou envisage de le faire.
Ces évolutions impliquent souvent la nécessité d’une re-structuration au sein de l’association, qu’il s’agisse de l’organisation administrative et financière, des ressources humaines, ou même des textes fondateurs (statuts, règlement intérieur). La majorité des associations a identifié ce besoin, et certaines ont déjà commencé.
...Dans un environnement souffrant de difficultés persistantes
La contribution des associations dans la lutte contre le sida souffre toujours d’un manque de reconnaissance du secteur public. Des actions de plaidoyer et de lobbying, notamment dans une optique de visibilité accrue, restent nécessaires au niveau national et international.
Par ailleurs, la lutte contre le sida, et à fortiori la société civile, souffrent toujours d’une insuffisance de financements pérennes. Dans ces conditions, il reste parfois malaisé d’engager des dépenses de fonctionnement (locaux, salaires), pourtant indispensables à la stabilité et au développement des structures associatives.
Aujourd’hui encore les financements de long terme font défaut, ce qui reste un facteur de fragilité important des associations.
Les associations du Réseau Afrique 2000 jouent un rôle inédit dans la prise en charge de malades, ce qui peut se révéler déstabilisant à la fois pour le système de santé mais aussi pour l’association elle-même.
Quels doivent être les rôles respectifs du secteur public et des associations dans la prise en charge des malades ?
Comment les acteurs communautaires doivent-ils s’impliquer dans les réseaux locaux de prise en charge ?














