LES ACTIVITÉS

Les activités du Réseau Afrique 2000 ont pour objectif de favoriser le transfert Nord-Sud et Sud-Sud de savoirs-faire associatifs, à travers
- de l'appui technique sur mesure (Nord-Sud, Sud-Sud), en fonction des besoins individuels des associations, sous-forme de missions d'appui, stages, suivi personnalisé à distance
- des sessions de formations organisées au Sud, animées par des formateurs du Nord et du Sud, sur des thèmes décidés collectivement  
- des regroupements thématiques réguliers (annuels, bi-annuels), permettant la construction de bonnes pratiques et la définition des axes de plaidoyer du Réseau
- des actions communes de plaidoyer pour l'accès gratuit aux traitements et aux soins de qualité pour tous.

L'APPUI TECHNIQUE

L’appui technique au sein du Réseau Afrique 2000 consiste à inviter une association expérimentée dans un domaine à partager son savoir-faire, son expérience, avec une autre association, sur sollicitation de cette dernière.
L’appui technique est construit à partir de la demande d’une association, et fait l’objet dans un premier temps, d’une analyse partagée du contexte interne et externe de cette association. L’association ‘experte’ apporte son soutien par un suivi à distance (étude de documents, conseils en méthodologie, etc), mais peut également se déplacer auprès de l’association soutenue en mission d’appui technique. Habituellement, ces missions sont composées de 2 ou 3 personnes issues de différentes associations du Réseau. Les objectifs opérationnels de ces missions, validées en commun, sont fixés en fonction de la demande et du contexte et, de fait, très variables d’une association à l’autre. En voici quelques exemples :
- Proposer une médiation entre les associations ou avec les institutions locales (lors de négociations pour la mise en place d’un programme…).
- Pousser le plaidoyer et soutenir politiquement les associations pour une plus grande visibilité au niveau national.
- Apporter un soutien en méthodologie de projet, rédaction de projets, élaboration de budgets.
- Accompagner la mise œuvre des acquis des formations collectives.

L’appui technique se décline également à travers le programme de soutien à la gestion financière mis en place par AIDES. Il permet de renforcer les compétences des acteurs de lutte contre le VIH/sida en matière de gestion comptable et financière, mais également de travailler sur la structuration des associations. A terme, ce programme devrait permettre aux associations soutenues, d’être éligibles auprès des bailleurs exigeants une comptabilité selon les règles internationales (Fonds Mondial, agences des Nations Unies, Union Européenne, etc).
Concrètement, le programme prévoit :
-L'organisation de formations sur un logiciel de comptabilité et de gestion (SAGE)
-La mise à disposition du logiciel de gestion
-Des missions d’appui régulières afin d’accompagner l’association dans la mise en place d’une comptabilité générale et analytique

LES FORMATIONS

Former pour relever le défi du passage à l'échelle et de la qualité des prestations offertes aux personnes touchées par le VIH.
Comment relever le défi du passage à l'échelle de la prise en charge et de la qualité des prestations offertes aux personnes touchées par le VIH dans un contexte de pénurie de ressources humaines efficacement formées et en l'absence d’un management efficient du secteur de la santé ?
En prise constante avec les réalités changeantes du terrain, les acteurs communautaires ont développé des activités et des savoirs-faire complémentaires à ceux mis en oeuvre par les pouvoirs publics. On retient notamment le rôle important qu’ils peuvent jouer dans la mise en place des programmes de soutien à l'observance et des activités d'accompagnement psychosocial venant prolonger l'offre médicale proposée par les structures publiques de soin. De nombreuses associations ont également investi le soin en gérant au quotidien des centres de prise en charge des malades du sida (avec dispensation d’ARV).
Renforcer, valoriser et diffuser cette expertise associative est la vocation principale des activités de formation, fondées sur l’approche participative.

A ce jour, deux associations expérimentées du Réseau Afrique 2000, le centre Donya d’ARCAD sida au Mali, et AIDES en France, développent des formations collectives à destination des associations du Réseau Afrique 2000.
Par ailleurs, avec l'appui du centre Donya d’ARCAD sida au Mali et en collaboration avec le Réseau Afrique 2000, AIDES propose parallèlement des formations 'sur-mesure' aux associations soeurs d’Afrique centrale : elles sont toutes animées par des membres du Réseau Afrique 2000 formés à Donya.

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LES REGROUPEMENTS

Les regroupements organisés une à deux fois par an dans un des pays du Réseau permettent de réunir l'ensemble des associations membres pour travailler sur un thème stratégique. 
Pour l’association organisatrice, il s'agit d'un moment fort de visibilité et de reconnaissance du travail auprès des organisations institutionnelles, des représentants politiques et des partenaires, financiers et associatifs.
Les thèmes et les lieux des regroupements sont définis collectivement.
Outre la réflexion sur les thèmes spécifiques, ils permettent d’échanger sur l'avancée de chacune des associations et de faire un point sur les actualités thérapeutiques, internationales, etc.
Le premier regroupement a eu lieu en novembre 1997 à Paris, année de naissance du réseau, alors informel.

Parmi les thèmes abordés :
-La réduction de la vulnérabilité économique des personnes vivant avec le VIH pour améliorer l'accès aux soins (Conakry, 1999).
-La gestion des pharmacies communautaires (Ouagadougou, septembre 2000).
-La mutualisation et les caisses de solidarité pour l'accès aux médicaments dans les centres de soins associatifs (Abidjan, avril 2001).
-L'approche familiale de la prise en charge du VIH (Lomé, septembre 2001).
-L'accompagnement à l'observance thérapeutique dans le cadre de la prise en charge des PVVIH (Niamey, janvier 2003).
-Le changement d'échelle dans la prise en charge globale des personnes vivant avec le VIH (Dakar, décembre 2003).
-La structuration politique du Réseau (Lomé, juin 2006).

Les actes des derniers regroupements se trouve dans la documentation se rendre dans la rubrique documentation 

LE PLAIDOYER

Le Réseau Afrique 2000 a mis en place un plaidoyer commun sur deux thématiques principales :
- l’universalité, la gratuité et la qualité des soins ;
- une meilleure représentation de la société civile au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Il se mobilise pour obtenir la gratuité des tests de dépistage du VIH, des consultations médicales, des examens biologiques, des bilans de suivi, des traitements des infections opportunistes, des traitements antirétroviraux - y compris des traitements de 2ème ligne - et des hospitalisations.

Malgré les progrès dans l’accès aux traitements antirétroviraux, 4,6 millions de personnes ayant un besoin urgent de traitement n’en bénéficient toujours pas. Les soins nécessaires restent hors de portée de la plupart des malades en Afrique subsaharienne, où près d’une personne sur deux survit avec moins d’un dollar par jour. Le prix exorbitant des traitements antirétroviraux de 2ème ligne, jusqu’à 15 fois plus chers que les traitements de 1ère ligne, les rend particulièrement inaccessibles. Ces traitements sont pourtant vitaux pour les personnes devant modifier leur régime thérapeutique parce que leur virus devient résistant.

Le Réseau Afrique 2000 s’investit dans la gouvernance et le fonctionnement du Fonds mondial. Tout est mis en œuvre pour qu’un représentant du Réseau puisse être nommé au sein de la délégation des ONG des pays en voie de développement au Conseil d’administration du Fonds mondial. Le Réseau veille également à ce que des représentants de la société civile fassent partie des CCM (Country Coordination Mechanism), conformément aux règles du Fonds mondial.

Au Fonds mondial, les organisations de la société civile sont des partenaires égaux face aux gouvernements, avec la même représentation et le même pouvoir de décision. Au Conseil d’administration, trois sièges sont réservés à la société civile : un représentant des ONG des pays développés, un représentant des ONG des pays en voie de développement et un représentant des personnes touchées par les trois pandémies. La composition du Conseil d’administration doit également se refléter au niveau des pays récipiendaires, dans la composition des instances nationales de coordination (CCM). Les CCM devraient comprendre au moins 40 % de représentants de secteurs non-gouvernementaux. Or, la représentation effective de la société civile au sein des CCM ne semble pas toujours être conforme aux principes énoncés par le Fonds mondial.

Le Réseau Afrique 2000 revendique et défend également :
· l’accès universel à la prévention et à la réduction des risques ;
· l’accès au dépistage volontaire et gratuit sur tout le territoire ;
· la production et la commercialisation des médicaments génériques ;
· le renforcement des structures de santé et des ressources humaines ;
· le respect des droits humains et la lutte contre les discriminations.